Lionel Messi est devenu la nouvelle coqueluche de l'Argentine le jour où, au lendemain de ses 18 ans, il a conduit les U-20 de son pays à leur cinquième titre de champions du monde dans leur catégorie. Le Championnat du Monde Juniors de la FIFA, Pays-Bas 2005 a d'ailleurs été une sorte de "festival Messi", comme en attestent le Ballon d'Or adidas du meilleur buteur et le Ballon d'Or adidas du meilleur joueur raflés par la jeune star argentine. A la Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006, un autre trophée sera dans la ligne de mire du milieu de terrain albiceleste, celui du Meilleur Jeune Joueur Gillette.
Doté d'une vision du jeu extraordinaire, d'une accélération foudroyante et d'une technique impeccable, Messi parcourt le milieu de terrain comme si c'était son habitat naturel, trouvant des espaces là où il semble ne pas y en avoir. Par ailleurs, ses changements de rythme et sa solidité dans les duels, qu'il négocie toujours avec classe et souvent à son avantage, font de lui un poison pour les défenses adverses.
Mais le gaucher du Barça est plus qu'un bon meneur de jeu spécialisé dans la passe parfaite. Il possède un excellent pied droit, ainsi que cet instinct du buteur qu'on a pu voir à l'œuvre à Pays-Bas 2005. Sur les six buts qu'il a marqués dans ce tournoi, le plus beau est probablement celui de l'ouverture du score contre le Brésil, en demi-finales.
Les dirigeants de la Fédération espagnole de football ont eux aussi été prompts à reconnaître le talent exceptionnel de Messi, lui proposant même de rejoindre les U-20 de son pays d'adoption. Arguant de la prédominance de ses racines argentines et de son espoir de porter au plus haut le pavillon blanc et ciel, le jeune homme a aimablement décliné l'offre.
Finalement, Pekerman a appelé Messi chez les A, non pas sous la pression de l'opinion publique, mais en raison des qualités étourdissantes du jeune milieu. Ses débuts internationaux, lors d'un match amical face à la Hongrie, le 17 août 2005, ne lui laisseront pas un souvenir impérissable : 47 secondes après avoir remplacé un coéquipier, il est victime d'un challenge musclé, réagit un peu violemment et se voit immédiatement montrer le chemin des vestiaires, carton rouge à l'appui. Ensuite, après avoir joué les dix dernières minutes du match perdu contre le Paraguay à Asunción, en éliminatoires d'Allemagne 2006, Messi dispute sa première rencontre en tant que titulaire le 9 septembre face au Pérou, à l'Estadio Monumental de Lima. La presse locale en fait le principal artisan d'une victoire 2-0. Mais il faudra patienter encore quelques mois, jusqu'au 1er mars 2006, pour assister à son premier but chez les seniors argentins, qui s'inclinent quand même 3-2 en amical contre la Croatie.
Evidemment, on n'entre pas dans le cercle restreint des meilleurs footballeurs d'une génération sans que pointent dans votre direction, bon gré mal gré, les feux de la rampe. C'est une chose à laquelle il vaut mieux s'habituer. Lorsqu'on lui demande comment il réagit à cet attribut obligatoire de la gloire, Messi affiche une grande lucidité : "J'essaie de prendre tout cela avec le plus de calme possible. De toute façon, la seule chose qui me motive vraiment, c'est d'aller sur le terrain et de jouer au football".